Chaque mois, des milliers de parents employeurs versent cette somme sans vraiment savoir comment elle se calcule – ni même pourquoi elle existe.
L’indemnité d’entretien de l’assistante maternelle est pourtant encadrée à l’euro près par une convention collective, avec des montants plancher qui ont évolué deux fois en 2026.
Voici tout ce que vous devez maîtriser pour payer juste et comprendre ce que vous signez.
À quoi correspond l’indemnité d’entretien de l’assistante maternelle?
L’indemnité d’entretien est une somme versée par les parents à l’assistante maternelle pour couvrir les frais engagés dans le cadre de l’accueil de l’enfant.
Concrètement, elle est censée compenser les dépenses liées à l’utilisation du domicile professionnel de l’assistante : produits d’hygiène, matériel de puériculture, jeux, alimentation hors repas contractuellement prévus, eau, électricité.
Son cadre légal repose sur l’article 102 de la convention collective nationale IDCC 3239, en vigueur depuis le 1er janvier 2022.
Cette date correspond à la fusion des deux anciennes conventions collectives qui régissaient séparément les assistantes maternelles employées par des particuliers et celles rattachées à des personnes morales (crèches familiales, notamment).
Depuis, un seul texte s’applique à l’ensemble de la profession.
Cette indemnité est fondamentalement distincte du salaire. Elle ne rémunère pas le travail de l’assistante maternelle – c’est le rôle du salaire horaire.
Elle couvre uniquement les charges matérielles. C’est pourquoi son régime fiscal et social est radicalement différent, comme vous le verrez plus bas.
Sur le bulletin de paie, les deux lignes apparaissent séparément : le salaire d’une part, l’indemnité d’entretien de l’autre.
Montants minimaux en 2026 : ce que prévoit la revalorisation

Le calcul de l’indemnité d’entretien repose sur le minimum garanti (MG), un indice officiel revalorisé périodiquement. En 2026, deux paliers successifs s’appliquent.
Au 1er janvier 2026, le minimum garanti est passé de 4,22 € à 4,25 €. Puis au 1er juin 2026, il a été porté à 4,35 €. Ce dernier palier est celui qui s’applique sur la deuxième moitié de l’année.
Ces seuils déterminent les montants minimaux par journée d’accueil. Pour neuf heures d’accueil – durée de référence dans la convention collective – l’indemnité minimale atteint 3,92 € par jour au barème du 1er juin 2026.
Un plancher absolu s’applique quelle que soit la durée d’accueil : 2,65 € par journée, même si l’enfant n’est gardé qu’une heure.
| Période | Minimum garanti (MG) | Indemnité minimale / 9h (particulier) | Indemnité minimale / 9h (personne morale) | Plancher absolu |
|---|---|---|---|---|
| 1er janvier 2026 | 4,25 € | 3,83 € | 3,61 € | 2,65 € |
| 1er juin 2026 | 4,35 € | 3,92 € | 3,61 € | 2,65 € |
La distinction entre particulier employeur et personne morale (crèche familiale, association) se traduit par un barème légèrement différent. Pour une crèche familiale, l’indemnité minimale pour neuf heures reste à 3,61 €, soit 0,40 € par heure.
Les parents employeurs à titre privé sont soumis au barème plus élevé. Dans les deux cas, le plancher à 2,65 € s’impose sans exception.
Comment calculer l’indemnité d’entretien par heure et par journée?
La formule de base est simple. Depuis le 1er juin 2026, vous multipliez le nombre d’heures d’accueil par 0,435 €.
Ce coefficient correspond à l’indemnité horaire plancher pour un particulier employeur sous le barème du MG à 4,35 €.
Quelques exemples concrets pour différentes durées d’accueil :
- 3 heures d’accueil : 3 × 0,435 = 1,305 € → arrondi appliqué, mais le plancher de 2,65 € s’impose, donc l’indemnité due est 2,65 €
- 6 heures d’accueil : 6 × 0,435 = 2,61 € → inférieur au plancher de 2,65 €, donc l’indemnité due reste 2,65 €
- 7 heures d’accueil : 7 × 0,435 = 3,045 € → supérieur au plancher, montant retenu : 3,05 €
- 9 heures d’accueil : 9 × 0,435 = 3,915 € → arrondi à 3,92 € (montant minimum conventionnel confirmé)
- 10 heures d’accueil : au barème de janvier 2026 (MG à 4,25 €), l’exemple de référence donne 4,26 € pour 10 heures
Le plancher à 2,65 € agit comme un filet de sécurité. Tant que le calcul au prorata horaire ne l’atteint pas, c’est ce montant fixe qui s’applique.
Dès que le prorata le dépasse – ce qui arrive à partir d’environ 6h10 d’accueil au barème juin 2026 – on revient au calcul normal.
Cette mécanique évite que les accueils courts soient indemnisés de façon dérisoire, sans pour autant surcompenser les longues journées.
Calcul mensuel de l’indemnité d’entretien

Pour obtenir le montant mensuel, la méthode est directe : vous multipliez le montant journalier par le nombre de jours d’accueil effectif dans le mois.
Aucune mensualisation automatique ne s’applique sur l’indemnité d’entretien, contrairement au salaire qui peut être lissé sur l’année.
Prenons un exemple concret. Une assistante maternelle accueille un enfant 9 heures par jour, 20 jours dans le mois de septembre 2026.
L’indemnité journalière minimale est de 3,92 €. Le calcul donne : 3,92 € × 20 = 78,40 € pour le mois. Si le mois comporte 22 jours d’accueil, on obtient 3,92 × 22 = 86,24 €.
Un point qui génère régulièrement des erreurs : l’indemnité d’entretien n’est due que les jours où l’enfant est effectivement présent.
Un mercredi sans accueil, une semaine de vacances scolaires pendant laquelle l’enfant n’est pas confié, une journée d’absence pour maladie – autant de situations où l’indemnité ne s’applique pas.
Le salaire peut faire l’objet d’une mensualisation contractuelle, mais pas l’indemnité d’entretien. Cette distinction est posée clairement par la convention collective.
Sur le bulletin de salaire mensuel, vous verrez donc potentiellement des variations de cette ligne d’un mois à l’autre, selon le nombre de jours de garde réels. C’est normal et attendu.
Si un parent verse la même indemnité d’entretien chaque mois quel que soit le nombre de jours effectifs, cela mérite une vérification du contrat.
Accueil court et demi-journée : quel montant minimum s’applique?
C’est une situation fréquente que beaucoup sous-estiment.
Une assistante maternelle qui accueille un enfant pour deux heures seulement – le mercredi matin par exemple – ne peut pas se voir verser une indemnité inférieure à 2,65 €, même si le calcul au prorata donnerait un résultat bien plus faible.
Pour une heure d’accueil au barème juin 2026, le prorata horaire donne 0,435 €. Deux heures donnent 0,87 €. Ces montants sont très largement inférieurs au plancher.
Dans ces deux cas, c’est donc systématiquement 2,65 € qui s’applique, sans discussion possible. La logique est la même pour une demi-journée de 4 heures : 4 × 0,435 = 1,74 €, toujours sous le plancher. Vous devez verser 2,65 €.
Ce n’est qu’à partir de 6h10 environ (6,09 heures précisément au barème juin 2026) que le prorata horaire dépasse le plancher et reprend ses droits.
Ce plancher à 2,65 € traduit une réalité pratique : même pour un accueil très court, l’assistante maternelle a préparé son domicile, sorti le matériel, engagé des frais.
Un accueil d’une heure génère quand même une consommation réelle. Le plancher est là pour en tenir compte.
Jours fériés : l’indemnité d’entretien est-elle due?

La règle est calée sur un principe simple : pas d’accueil effectif, pas d’indemnité d’entretien.
Si l’assistante maternelle ne travaille pas le jour férié – ce qui est la situation la plus courante, notamment pour les jours fériés chômés prévus au contrat – aucune indemnité d’entretien n’est due.
En revanche, si l’assistante maternelle travaille ce jour-là et accueille l’enfant, l’indemnité s’applique exactement comme un jour ordinaire, calculée selon la durée d’accueil réelle.
Le caractère férié du jour n’ouvre aucun droit à une indemnité majorée ou spécifique. Ce point mérite attention lors de la rédaction du contrat.
Si vous prévoyez contractuellement des jours fériés travaillés, vérifiez que l’indemnité d’entretien figure bien dans le récapitulatif mensuel correspondant à ces jours. Elle ne se calcule pas différemment, mais elle ne doit pas être oubliée.
Fiscalité de l’indemnité d’entretien : exonérations et crédit d’impôt
L’indemnité d’entretien bénéficie d’un régime fiscal avantageux pour les deux parties, à condition de rester dans les limites du barème légal.
Du côté de l’assistante maternelle, la double exonération fonctionne ainsi : les sommes perçues au titre de l’indemnité d’entretien sont exonérées de cotisations sociales et ne sont pas imposables à l’impôt sur le revenu.
Cette exonération s’applique tant que l’indemnité versée ne dépasse pas les montants plancher fixés par la convention collective.
Si un parent verse une indemnité supérieure au barème légal, la partie excédentaire devient imposable et soumise à cotisations.
L’assistante maternelle peut aussi opter pour le régime de droit commun : dans ce cas, elle déclare uniquement son salaire, et les indemnités d’entretien restent hors du champ de l’imposition.
C’est le régime par défaut pour la grande majorité des assistantes maternelles.
Du côté des parents, les indemnités d’entretien entrent dans le calcul des dépenses ouvrant droit au crédit d’impôt pour frais de garde d’enfant.
Ce crédit d’impôt, prévu à l’article 200 quater B du Code général des impôts, porte sur les sommes versées pour la garde d’enfants de moins de 6 ans hors du domicile.
L’administration fiscale retient l’indemnité d’entretien dans la base de calcul, mais dans la limite de 2,65 € par jour.
Si vous versez plus – ce que vous pouvez faire librement au-delà du minimum légal – la partie supérieure à ce plafond n’entre pas dans le calcul de l’avantage fiscal.
Simulateur et outils pratiques pour vérifier son calcul

Plusieurs ressources permettent de vérifier rapidement le montant dû, que vous soyez parent employeur ou assistante maternelle souhaitant contrôler votre bulletin de salaire.
- Pajemploi (service de l’Urssaf dédié à la garde d’enfants) propose un espace de calcul en ligne qui intègre les barèmes à jour, y compris les revalorisations en cours d’année. C’est la référence officielle pour les déclarations mensuelles.
- La FEPEM (Fédération des particuliers employeurs de France) met à disposition des outils d’aide au calcul et des fiches pratiques actualisées à chaque revalorisation du minimum garanti. Leur documentation sur l’indemnité d’entretien est précise et régulièrement mise à jour.
- Le calcul manuel reste parfaitement fiable si vous disposez du barème en cours : nombre d’heures × 0,435 € (depuis le 1er juin 2026), avec application systématique du plancher à 2,65 € si le résultat est inférieur, puis multiplication par le nombre de jours d’accueil effectif dans le mois.
Pour les parents qui utilisent Pajemploi pour leurs déclarations mensuelles, le montant de l’indemnité d’entretien est saisi directement dans le formulaire.
Pajemploi ne le calcule pas automatiquement – c’est au parent de renseigner le bon montant.
Un écart, même minime et involontaire, peut générer des complications au moment de la déclaration de revenus ou du versement du crédit d’impôt.
Vérifier son calcul une fois par an, ou à chaque revalorisation du minimum garanti, prend moins de cinq minutes et évite des régularisations bien plus longues à corriger.
L’indemnité d’entretien est l’une des rares lignes de rémunération dont le plancher légal change deux fois en 2026 – une raison suffisante pour pointer les dates du 1er janvier et du 1er juin dans son agenda.