Pourquoi certains ont moins d’enfants : une question de personnalité

Des chercheurs ont identifié le trait psychologique qui influence en partie le nombre d’enfants que nous souhaitons avoir

Depuis plusieurs années, les démographes constatent une baisse des taux de fécondité dans les pays développés. Mais les raisons qui poussent une personne à avoir deux enfants plutôt que quatre, ou aucun plutôt qu’un, ne sont pas seulement économiques ou sociales. Des études récentes montrent que nos traits psychologiques jouent un rôle direct dans nos projets parentaux. Des chercheurs se sont appuyés sur le modèle des cinq grands traits de personnalité — connu sous le nom de Big Five — pour établir ces connexions.

Des chercheurs établissent un lien entre traits psychologiques et désir d’enfants

Les travaux menés entre 2025 et 2026 révèlent une corrélation mesurable entre certains traits de personnalité et le nombre d’enfants que les individus envisagent d’avoir. Ces études utilisent le modèle du Big Five, qui classe la personnalité selon cinq dimensions : l’ouverture à l’expérience, la conscienciosité, l’extraversion, l’agréabilité et le neuroticisme.

Plutôt que d’expliquer les décisions reproductives par des facteurs externes seuls — revenus, accès à la contraception, évolution des normes sociales —, ces recherches pointent comment la structure même de notre personnalité oriente nos choix. Un individu impulsif et en quête de stimulation ne construit pas un projet parental de la même façon qu’une personne consciencieuse et planificatrice.

L’ouverture à l’expérience : quand la curiosité repousse la parentalité

L’ouverture à l’expérience est le trait qui marque le plus fortement l’intention reproductrice. Les personnes très ouvertes — celles qui adorent explorer de nouvelles expériences, voyager sans itinéraire fixe, changer de carrière ou poursuivre des études — tendent à rapporter un désir d’enfants moins affirmé ou à le reporter plus tardivement.

Ce ne sont pas des indifférences parentales, mais plutôt des priorités concurrentes. Un individu avec un haut score en ouverture peut éprouver de l’intérêt pour la parentalité, tout en la jugeant incompatible avec ses projets d’exploration professionnelle ou géographique. Cette tension entre curiosité intellectuelle et engagement familial est particulièrement marquée chez les femmes hautement éduquées qui reportent souvent la maternité pour avancer dans leurs carrières.

La conscience professionnelle et l’agréabilité : des prédicteurs plus nets

À l’inverse, les personnes consciencieuses et agréables expriment des projets parentaux plus stables et souvent plus nombreux. La conscienciosité — le trait qui reflète la planification, la responsabilité et l’organisation — corrèle positivement avec l’intention d’avoir des enfants. Ces individus énvisagent la parentalité comme une étape naturelle et structurée de leur parcours.

L’agréabilité fonctionne de manière similaire. Les personnes agréables — empathiques, coopératives, tournées vers les relations interpersonnelles — tendent à valoriser les liens familiaux et à exprimer plus clairement un désir de fonder une famille. Les études montrent que ces deux traits fonctionnent souvent ensemble pour renforcer l’intention reproductive, créant un profil psychologique où la parentalité occupe une place centrale dans les projets de vie.

Le neuroticisme crée de l’hésitation face au projet parental

Le neuroticisme — trait qui désigne la tendance à l’anxiété, au doute de soi et à l’instabilité émotionnelle — influence aussi les intentions parentales, mais en direction opposée. Les individus avec un haut neuroticisme affichent plus souvent de l’ambivalence face à la parentalité, exprimant des préoccupations accumulées sur leur capacité à être parent, leurs ressources émotionnelles ou l’impact sur leur bien-être.

Cette ambivalence ne signifie pas qu’ils rejettent l’idée d’enfants, mais qu’ils l’envisagent avec plus de réserve et d’hésitation. L’anxiété — tant face aux responsabilités parentales qu’aux bouleversements que cela implique — diminue la probabilité qu’ils traduisent un désir potentiel en projet concret. Ces individus sont aussi plus sensibles aux discours anxiogènes sur les coûts de la parentalité ou les défis de la conciliation travail-famille.

Ce que ces résultats changent pour la compréhension des démographies

Ces travaux offrent aux démographes une clé de lecture nouvelle : les décisions sur le nombre d’enfants ne relèvent pas uniquement de calculs économiques ou de cadres sociaux. Elles reflètent aussi la structure profonde de la personnalité, avec ses forces et ses tensions. Un couple peut bénéficier de revenus stables et d’une bonne assurance parentale, mais si ses deux membres ont une haute ouverture à l’expérience, ils peuvent reporter ou limiter leur projet parental pour d’autres raisons.

Inversement, deux personnes consciencieuses et agréables peuvent avoir un projet parentral affirmé même dans un contexte économique serré. Cette perspective psychologique ne remplace pas l’analyse socio-économique — les inégalités de revenus, l’accès à la garde d’enfants et les politiques familiales restent déterminants —, mais elle la complète. Elle explique aussi pourquoi la satisfaction parentale varie tant d’une personne à l’autre, et pourquoi certaines structures et certains mécanismes de soutien à la parentalité ne résolvent pas tous les obstacles au projet d’enfant.

Ces données s’avéreront utiles pour les politiques publiques en matière de démographie et d’aide aux familles. Elles suggèrent qu’une approche universelle ne convient pas : les interventions efficaces pour l’une des populations pourraient nécessiter des aménagements pour l’autre. Un individu anxieux et prudent ne reçoit pas les mêmes encouragements qu’une personne exploratrice et aventurière.

Chef cuistot passionnée par la gastronomie, je partage mon amour de la cuisine à travers des recettes authentiques et créatives développées au fil du temps. À 44 ans, mon expérience m'a permis d'explorer de nombreuses saveurs et techniques culinaires que je suis impatiente de partager avec vous.