Parents de droite, enfants LFI : le dîner qui dégénère

Parents de droite, enfants LFI : le dîner qui dégénère

Le Figaro a publié le 23 octobre 2026, dans sa rubrique Vox/Société, une enquête intitulée « Ces parents de droite consternés par leurs enfants qui ont viré LFI ». Partout en France, des parents de droite y décrivent leur désarroi face au vote à l’extrême gauche de leurs enfants. Pour les uns, c’est un « crève-cœur » ; pour les autres, une « passade ». Ces témoignages sont qualitatifs : ils ne disent rien de la proportion de familles concernées.

À table, le sujet qu’on n’ose plus aborder

Dans certaines familles, la politique est devenue un sujet évité. Les parents interrogés redoutent que chaque phrase ne tourne au « procès » : un mot de travers sur l’immigration, la police ou les retraites, et le plat refroidit pendant que chacun prépare sa réplique. Plutôt que de s’y risquer, on parle météo, vacances, travaux.

Le clivage prend deux visages opposés. D’un côté, le parent déconcerté devant un enfant devenu militant, qu’il ne reconnaît plus à table. De l’autre, le jeune exaspéré par l’héritage idéologique de ses aînés, qui entend dans chaque remarque une leçon venue d’une autre époque. Selon la place que l’on occupe autour de la table, la même scène ne se raconte pas pareil.

Le mot « passade » rappelle un point : certains parents ne voient pas dans ce vote un engagement durable. L’enquête ne permet pas de dire ce que deviendront ces familles, et l’on aurait tort de lire le désaccord actuel comme une rupture définitive.

Ce que disent les sondages sur le vote des jeunes

Le malaise n’est pas qu’une affaire de dîners. Un sondage Ipsos de septembre 2026 donne Jean-Luc Mélenchon à 42 % des 18-24 ans au premier tour de la présidentielle de 2027. Il s’agit d’une intention de vote déclarée, pas d’un résultat, et la source citée est secondaire. Un sondage Ifop-Fiducial réalisé pour Le Figaro, LCI et Sud Radio va dans le même sens : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon y sont « plébiscités » par les jeunes. Les chiffres précis de cette seconde enquête ne figurent pas dans les éléments dont nous disposons.

Ces données décrivent les jeunes en général. Elles ne disent pas ce qui se passe chez vous, et elles ne prédisent rien sur 2027. Elles indiquent seulement que le cas d’un enfant votant à gauche de ses parents n’a rien d’isolé.

Le fossé ne concerne d’ailleurs pas que la droite : des parents issus de la social-démocratie constatent eux aussi que leurs enfants sont plus radicaux qu’eux, parfois jugés dogmatiques ou caricaturaux. Ce n’est donc pas un simple affrontement partisan.

Parler politique au prochain repas, ou pas

Trois options existent : aborder le sujet, le mettre de côté, ou changer la manière d’en parler. Ce qui suit relève du bon sens, pas d’une méthode validée par des spécialistes de la communication familiale. Deux variables comptent.

  • Le niveau de tension déjà installé. Si le désaccord est ouvert et que les échanges précédents ont fini en dispute, mieux vaut peut-être poser le sujet pour ce repas-là et le reprendre ailleurs, à deux, dans un moment sans public. Si la politique est un tabou installé depuis longtemps, une question plutôt qu’une affirmation (« qu’est-ce qui t’a fait choisir ça ? ») peut rouvrir sans déclencher.
  • Votre place dans la famille. Parent, vous avez peut-être à renoncer à convaincre pour comprendre ce qui motive l’enfant. Enfant, vous avez peut-être à distinguer une remarque sur vos idées d’une remarque sur vous.

Dans tous les cas, un repas de famille n’oblige à aucun débat : on peut choisir de ne rien trancher ce soir-là, et ce choix se défend autant qu’une discussion franche.

Chef cuistot passionnée par la gastronomie, je partage mon amour de la cuisine à travers des recettes authentiques et créatives développées au fil du temps. À 44 ans, mon expérience m'a permis d'explorer de nombreuses saveurs et techniques culinaires que je suis impatiente de partager avec vous.