Festi’Sister à Lunay : la deuxième édition du festival de la solidarité féminine s’est tenue les 12 et 13 septembre

Lunay : "Un festival de la sororité", Festi’Sister revient pour une seconde édition à l’espace culturel

Un festival né d’une volonté locale de rassembler les femmes du Vendômois

Le Festi’Sister ne ressemble à aucun autre rendez-vous culturel du territoire. Né à Lunay, commune de Loir-et-Cher située dans le Vendômois, il a été pensé dès l’origine comme un espace spécifiquement dédié aux femmes : un lieu de rencontre, d’échange et de soutien mutuel, ancré dans une réalité locale souvent éloignée des grandes métropoles où ce type d’initiative se développe plus facilement.

La première édition avait posé les bases d’un format encore expérimental, porté par l’association Femmes 41. L’idée centrale : montrer que la solidarité féminine ne se limite pas aux discours, qu’elle peut prendre des formes concrètes, accessibles, dans un territoire rural où l’isolement des femmes reste une réalité documentée. La jauge modeste, l’ambiance de proximité et la programmation participative avaient convaincu les organisatrices de reconduire l’événement.

Cette deuxième édition s’est donc tenue avec une ambition plus affirmée : consolider ce qui avait fonctionné, étoffer la programmation et, surtout, toucher de nouvelles participantes dans un bassin de vie où les occasions de se retrouver entre femmes hors cadre professionnel ou familial restent rares.

Ce qui s’est passé les 12 et 13 septembre à l’Espace Culturel

L’Espace Culturel de Lunay a accueilli le festival sur deux journées complètes, le samedi 12 et le dimanche 13 septembre 2026. Ce lieu, habituellement dédié aux manifestations de la commune, s’est transformé pour l’occasion en un espace entièrement conçu pour accueillir les participantes dans un cadre chaleureux et balisé.

La programmation a alterné temps collectifs et moments plus intimes. Le samedi a été marqué par plusieurs prises de parole publiques : des intervenantes venues témoigner de parcours variés, de reconversions professionnelles, de situations d’aidance, ou encore d’expériences d’entrepreneuriat au féminin dans le Loir-et-Cher. Ces témoignages, loin du registre de la conférence formelle, ont davantage fonctionné comme des récits partagés, ouverts aux questions et aux réactions de la salle.

Le dimanche a laissé plus de place aux ateliers pratiques. Sans que la liste complète des intervenantes soit disponible à ce stade, les formats proposés couvraient des domaines aussi différents que la gestion du stress, l’orientation professionnelle, et la connaissance des droits. L’Espace Culturel, par sa configuration modulable, permettait de faire coexister plusieurs activités en simultané sans que l’ensemble perde en cohérence.

Le site de la commune de Lunay, qui avait publié l’annonce de l’événement dès le 8 août 2026, confirmait une entrée libre ou à tarif très réduit pour l’ensemble des activités, condition jugée déterminante par les organisatrices pour ne pas créer de barrière à la participation.

La sororité comme fil conducteur, pas comme slogan

Le mot « sororité » circule beaucoup depuis quelques années, souvent galvaudé, parfois réduit à une posture. Ce que le Festi’Sister en fait est plus concret : un principe d’organisation qui conditionne le choix de chaque atelier, chaque intervenante, chaque format retenu pour le programme.

Les ateliers proposés visaient à créer des situations où les femmes présentes peuvent échanger à égalité, sans hiérarchie implicite entre « celle qui sait » et « celle qui écoute ». Un atelier sur la confiance en soi, par exemple, n’est pas animé comme un cours magistral : l’intervenante part de ses propres expériences, ouvre un espace pour celles des participantes, et le groupe construit ensemble une réflexion commune. Ce format, plus horizontal que le modèle conférence-question, est délibérément choisi.

La présence d’associations spécialisées dans l’accompagnement des femmes en difficulté — violences conjugales, précarité, isolement — donnait également au festival une dimension d’orientation pratique. Des stands d’information permettaient aux participantes d’obtenir des renseignements sur leurs droits, les dispositifs locaux existants, ou les contacts utiles dans le département. Ce n’est pas anecdotique dans un territoire où l’accès aux services de proximité peut être géographiquement compliqué.

Le choix de Lunay, plutôt que de Vendôme ou d’une ville plus grande, était lui-même une décision de fond : aller chercher les femmes là où elles vivent, sans leur demander de se déplacer vers un centre urbain, revient à reconnaître que la mobilité reste un obstacle réel pour une partie du public visé.

Femmes 41 et les acteurs qui portent l’événement

L’association Femmes 41, basée en Loir-et-Cher, est le moteur principal du Festi’Sister. Son objet statutaire tourne autour du soutien aux femmes du département, qu’il s’agisse d’accompagnement individuel, d’actions collectives ou de sensibilisation du grand public. Organiser un festival de deux jours à Lunay entre dans cette logique de terrain : créer des rendez-vous qui existent physiquement, dans des communes qui ne concentrent pas habituellement ce type d’événement.

Pour cette deuxième édition, Femmes 41 s’est appuyée sur un réseau de partenaires locaux dont la composition exacte n’était pas intégralement publiée au moment des annonces, mais qui incluait des structures associatives du Vendômois, probablement des partenaires institutionnels du Conseil départemental et des acteurs de l’économie sociale et solidaire présents en milieu rural.

Ce type de mobilisation partenariale dit quelque chose du tissu associatif féminin en Loir-et-Cher : des structures souvent modestes en effectifs, mais ancrées dans des réalités locales précises, capables de coordonner leurs efforts autour d’un projet commun sans avoir besoin d’une infrastructure lourde. Le festival lui-même fonctionne sur ce modèle — bénévoles, intervenantes non rémunérées ou à frais couverts, salles prêtées par la commune.

La commune de Lunay, de son côté, a joué un rôle facilitateur en mettant l’Espace Culturel à disposition et en relayant l’événement sur ses canaux officiels. Ce soutien municipal, même discret, compte dans la pérennisation d’un événement qui n’a pas encore les moyens de fonctionner en totale autonomie financière.

Ce que cette édition laisse derrière elle

Au lendemain du festival, les premières impressions relayées par Le Petit Vendômois faisaient état d’une fréquentation en progression par rapport à la première édition, sans chiffre précis disponible à ce stade. Les retours informels des participantes soulignaient la qualité des échanges et, plus spécifiquement, la satisfaction de trouver ce type de rendez-vous à proximité de chez elles — sans avoir à rejoindre Tours ou Blois pour accéder à des ressources équivalentes.

Pour les organisatrices de Femmes 41, cette édition valide un modèle : un festival à échelle humaine, avec une programmation construite en lien direct avec les besoins identifiés sur le terrain, peut trouver son public en milieu rural à condition d’être suffisamment ancré localement. La gratuité ou quasi-gratuité d’accès reste une condition structurelle de ce succès.

Les pistes évoquées pour la suite restent prudentes. Une troisième édition n’est pas encore officiellement annoncée, mais la dynamique enclenchée depuis deux ans rend l’hypothèse plausible. Ce qui semble acquis, en revanche, c’est que le Festi’Sister a commencé à occuper une place singulière dans le paysage culturel du Vendômois : celle d’un événement qui parle à des femmes habituellement peu ciblées par l’offre culturelle locale, et qui leur propose quelque chose d’utile autant que de convivial.

Chef cuistot passionnée par la gastronomie, je partage mon amour de la cuisine à travers des recettes authentiques et créatives développées au fil du temps. À 44 ans, mon expérience m'a permis d'explorer de nombreuses saveurs et techniques culinaires que je suis impatiente de partager avec vous.